Harvesting tools and the spread of the neolithic into the Central-Western Mediterranean area

Usure produit sur les inserts des faucilles par la coupe des céréales. À partir de Mazzucco et al. 2017.

Niccolo MAZZUCCO
Former Fyssen 2015
&
Giacomo Capuzzo, Cristiana Petrinelli Pannocchia, Juan Jose Ibanez, Juan Francisco Gibaja

Publié dans Quaternary International, available online 2 May 2017, doi.org/10.1016/j.quaint.2017.04.018.

À partir de l’étude des inserts lithiques des faucilles et des couteaux à moissonner, dans le cadre d’un projet collectif comprenant plusieurs universités et musées, Mazzucco et ses collaborateurs ont montré l’existence d’au moins deux techniques de récolte différentes liées à deux instruments différents : les faucilles dentées et des couteaux à moissonner.
Dans la Méditerranée centrale, la plus ancienne présence de faucilles dentées a été identifiée dans le sud de l’Italie, au tout début du 6ème millénaire avant notre ère. Presque simultanément, ce type d’outil se retrouve également sur les côtes et les îles de la Dalmatie. Une première modélisation de l’expansion des faucilles dentées à travers la Méditerranée a permis de mettre en relief un phénomène de diffusion cohérent avec une expansion par la mer depuis le sud de l’Italie vers le Golf du Lyon et le Levant espagnol.
L’usage des autres outils de moisson ont été découverts dans le nord-est italien autour de 5600-5500 av. J.C. Des instruments similaires ont également été identifiés dans les Balkans, sur des sites présentant des horizons à céramiques de type Danilo-Vlaška. Ceci suggère que peut-être une diffusion de nouvelles techniques de récolte a eu lieu depuis l’Istrie vers la vallée du Pô. Cependant, la chronologie de ce processus de diffusion est encore incertaine.
Ces deux instruments sont caractérisés non seulement par une forme diverse mais aussi par un mode d’usage différent, les premiers étant utilisés pour récolter les céréales à partir de la tige, les seconds probablement pour une taille plus haute, à la hauteur de l’épi, associés peut-être à divers systèmes de production agricole et à une exploitation différente des sous-produits agricoles.
Reconstruire les techniques agricoles des groupes néolithiques est nécessaire pour mieux comprendre le processus d’expansion de ces populations, leur organisation économique et leurs interactions.
Photo : Usure produit sur les inserts des faucilles par la coupe des céréales. À partir de Mazzucco et al. 2017.

 Au cours des dix dernières années, le parcours de recherche de NiccoloN.Mazzucco Mazzuco le conduit à étudier les sociétés néolithiques méditerranéennes depuis les côtes atlantiques du Portugal jusqu’au Delta égyptien. Lors de son doctorat (Université Autonome de Barcelone, 2014) et de ses post-doctorats (Université de Sienne, 2015 ; Fyssen Fondation UMR 7055, 2015-2017), il a étudié plusieurs sites et collections d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de Croatie, de Grèce, d’Égypte datés entre le VIIème et le IVème millénaire. Ses recherches portent sur l’emploi de la tracéologie des industries en pierre taillée comme outil pour explorer l’organisation économique des populations néolithiques. Via l’utilisation de cette méthode, il cherche à mettre en évidence et à comprendre la variabilité des techniques et des activités de production au sein des premières communautés paysannes. Dans le cadre de projets d’investigation internationaux, il a coordonné des prospections et des fouilles dans les Pyrénées espagnoles. Il dirige actuellement un projet sur les premières technologies de récolte des céréales dans la Méditerranée central.

Mots clés : Préhistoire, Néolithique, Méditerranée, Industrie lithique taillée, Tracéologie, Systèmes agraires, Archéologie de l’espace montagnard.

Publication
Harvest time: crop-reaping technologies and the Neolithisation of the Central Mediterranean